A propos des chuteurs…

Fiches pratiques, L'actu du CHRD — 30 octobre 2017

Chuteurs
Afin de réduire les nuisances générées par leur activité, de plus en plus d’établissements de nuit recrutent des « chuteurs » avec pour mission de réguler les comportements de leurs clients. Cette mission de médiation peut être exercée par des personnes non titulaires d’un diplôme d’agent de sécurité sous certaines conditions.

Les missions qu’un chuteur peut exercer sans condition de diplôme :
1. accueillir les clients en donnant une première image conforme aux standards de l’établissement ;
2. appeler au respect de la politique de gestion de la clientèle en extérieur (interdiction de sortir avec des verres, jeter les mégots dans les cendriers). En cas de refus, alerter le responsable de l’établissement ou un agent de sécurité ;
3. repérer les personnes “à risques” (personnes alcoolisées ou agressives) sans faire preuve de discrimination ni intervenir soi-même, mais pour éventuellement alerter le responsable de l’établissement ou un agent de sécurité ;
4. informer les clients sur les risques liés à l’hyperalcoolisation et à la consommation de substances psycho-actives et sur les moyens de réduire ces risques. Diffuser des brochures et matériel de prévention (bouchons d’oreille, éthylotests, préservatifs) ;
5. sensibiliser les clients sur le respect du sommeil et de la tranquillité des riverains. Agir en modérateur pour réduire le niveau de bruit émis par les clients ;
6. prendre contact avec les riverains de l’établissement dans une démarche de concertation. Agir en temps réel ou différé sur sollicitation directe d’un riverain en cas de nuisances ressenties par celui-ci ;
7. rendre compte par écrit des incidents traités et des situations ” à risque ” observées.

Les missions qu’un chuteur n’est pas autorisé à exercer car réservées exclusivement aux agents de prévention et de sécurité agréés et/ou aux responsables d’établissement :
1. filtrer les entrées, contrôler les aller et venues, effectuer la surveillance autour de l’établissement ;
2. demander une pièce d’identité ;
3. décider d’un contrôle en cas de doute sur la présence d’objets prohibés. Effectuer une palpation de sécurité ;
4. repérer la présence de substances psychoactives aux abords l’établissement, les identifier et agir en conséquence ;
5. agir en médiateur dans les situations potentiellement conflictuelles ;
6. utiliser des systèmes électroniques de sécurité ;
7. prévenir et gérer des incidents et des accidents en utilisant les techniques d’intervention professionnelles ;
8. prodiguer des soins de premiers secours (sauf si détenteur d’un diplôme de secourisme SST ou PSC1) ;
9. contribuer à la prévention des risques incendie (sauf si détenteur du SSIAP). Par ailleurs, un chuteur ne peut être engagé dans les effectifs dédiés exclusivement à
la sécurité incendie, dans le cadre d’un ERP où un effectif obligatoire existe.
Enfin, dans le cas d’une prestation de chuteur externalisée à une entreprise, celle-ci ne peut être une entreprise de sécurité autorisée par le CNAPS. En effet, en raison du
principe d’exclusivité (L. 612-2 du code de sécurité intérieure), les entreprises de sécurité privée ne sont pas autorisées à réaliser, dans la même structure juridique, d’autres
missions que celles relatives à la sécurité privée.

Source : Direction de la Démocratie, des Citoyens et des Territoires de la Mairie de Paris