L’édito : une rentrée entre avancée et recul

A la une, L'éditorial — 26 septembre 2019

Olivier Robert, entouré de Rémi Calmon (à gauche) et Roland Héguy, président de l’UMIH (à droite).


L’examen du projet de loi bioéthique qui a débuté mardi 24 septembre à l’Assemblée nationale constitue un moment important pour la démocratie française.
Le gouvernement s’était engagé à étendre la Procréation Médicalement Assistée aux couples de femmes et aux femmes seules. Le Président de la République respecte son engagement et personne même la Manif pour tous ne l’a fait reculer jusqu’à présent.

Si elle est votée, la PMA pour toutes, restera comme l’avancée sociétale majeure du Président Macron comme en 1999 lorsque la gauche avait fait voter le PaCS, ou en 2013 lorsqu’elle avait fait adopter le mariage pour tous malgré la violence des débats au Parlement. Madame Bertinotti, ministre de la Famille de l’époque, me le rappelait lors d’un échange récent.

La pratique a précédé le droit. Aujourd’hui, quelques milliers de femmes ont chaque année recours à la PMA à l’étranger. Le projet de loi légalise sa pratique en France et la sécurise en prévoyant une prise en charge à 100 % par la Sécurité sociale.

De nombreux débats sont attendus à l’Assemblée Nationale mais aussi dans nos établissements. Soyons attentifs aux oppositions systématiques, aux amalgames, autant d’arguments non constructifs que nous pourrions voir apparaître dans les jours prochains sous formes de tags injurieux, de calomnies, de montés des tensions dans les quartiers LGBT+ …

Le SNEG & Co sera vigilant sur la traduction dans les rues des débats tenus à l’Assemblée, il la partagera immédiatement avec les services compétents des autorités de Police.

Autre sujet de cette rentrée, le milieu de la nuit a été endeuillé par la mort d’un jeune en club. Peu importe l’endroit, le lieu, les circonstances, le jour ou l’heure, cela reste un drame inacceptable.
Tout aussi inacceptable est la fermeture de  l’établissement par la police pour une durée d’un mois ferme. Nous pouvons être qu’opposés à de telles mesures de l’administration. Les établissements sont la proie facile des autorités, le bouc-émissaire de la question des stupéfiants.

D’autant qu’après enquête, la dose massive d’ecstasys prise par ce jeune semble être au-delà du domaine de la raison. Comment peut-on rendre responsable un établissement des agissements d’une personne ? Bien entendu, si l’établissement favorise la vente et la consommation de stupéfiants, les autorités de police ne peuvent que faire preuve d’une sévérité exemplaire.

Un collectif d’organisations professionnelles dont le SNEG & Co, des exploitants d’établissements, des associations de prévention et des personnalités dénoncent le caractère inadapté des fermetures administratives dans une tribune par sur le site de « Libération ». Une pétition l’accompagne, nous espérons qu’elle sera porteuse d’un changement qui puisse se faire dans les plus brefs délais.
Enfin, pour conclure, je veux vous remercier pour les nombreux messages de félicitation reçus pour ma distinction au grade de chevalier de l’Ordre National du Mérite devant un public nombreux en ce début septembre à la Mairie du 9ème à Paris (photo). Cette récompense, je ne peux que vous la dédier car elle est le résultat d’un travail de 30 ans avec une équipe formidable pour laquelle ma reconnaissance est entière.

Je vous souhaite une bonne rentrée, même si elle semble difficile avec cette reprise du mouvement des gilets jaunes dans toute la France. Bon courage à tous. Je reste optimiste pour le maintien de nos établissements LGBT+ ouverts. Merci.

Olivier Robert, Président