Police : un officier de liaison LGBT à Paris, Marseille et Bordeaux

A la une, Le SNEG — 31 octobre 2019

Comme Amsterdam ou Toronto, Paris et sa petite couronne depuis le 7 octobre 2019, Marseille depuis le 1er mars 2019 et Bordeaux au titre du département de la Gironde et de la région Nouvelle Aquitaine depuis le 17 mai 2019, disposent désormais d’un officier de liaison LGBT dédié aux victimes de diffamations, de discriminations ou encore d’agressions verbales ou physiques LGBT phobes (retrouvez ici la liste des 59 infractions commises en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre).

La nomination d’un référent LGBT dédié, que le SNEG & Co appelait de ses vœux depuis de nombreuses années et plus particulièrement depuis la recrudescence des violences LGBT phobes de 2018, a été sollicitée par Flag !, association de policiers gays. La mise en place de ces postes est d’autant plus essentielle qu’en dépit de la hausse des agressions LGBT phobes, seulement 4 % des victimes osent déposer plainte ou demander de l’aide aux forces de sécurité. Ces premiers postes, en espérant d’autres à suivre, vont participer à restaurer le lien de confiance entre la population LGBT et les services de police, à reconnaître le statut de victime d’agressions à caractère aggravé en raison de l’orientation sexuelle, à diligenter des enquêtes pour identifier et sanctionner les auteurs de ces violences.

Rappelons qu’un dépôt de plainte doit se faire tout de suite après une agression ou dans les meilleurs délais qui s’ensuivent. Rendez-vous en priorité dans votre commissariat pour faire enregistrer votre dépôt de plainte puis contactez l’officier de liaison pour l’en informer afin qu’il se saisisse de son suivi. En cas de refus de dépôt de plainte; tournez-vous dès que possible vers l’officier de liaison LGBT. Mieux encore, selon l’association Flag !, en février 2020, les victimes vont pouvoir signaler en temps réel tous les actes de LGBT phobies via une application mobile.

A Marseille, pour le périmètre de la ville, l’officier de liaison est Frédérique Jeckel : frederique.jeckel@interieur.gouv.fr

A Bordeaux, pour le périmètre du département de Gironde, l’officier de liaison est Laurent Turbiez : laurent .turbiez@flagasso.com

A Paris, pour le périmètre de la ville et des départements 92, 93 et 94), l’officier de liaison est Mickaël Bucheron : dspap-sdso-offLGBT@interieur.gouv.fr, 06 30 98 17 47 ou 01 42 76 14 35. Au sein de la DSPAP (Direction de la Sécurité de Proximité l’Agglomération Parisienne), il est basé au nouveau commissariat Paris Centre (qui regroupe désormais les commissariats des 1er, 2è, 3è et 4è arrondissements) 4-6, rue aux Ours dans le 3ème arrondissement.

Le SNEG & Co a officiellement rencontré Mickael Bucheron le jeudi 24 octobre pour définir les paramètres d’une collaboration étroite et définir la communication à entreprendre autour de sa nomination après des établissements LGBT adhérents.

Ses missions sont diverses :
orienter les victimes LGBT suite à une agression récente
recevoir les plaintes de victimes LGBT quand elles ne sont pas parvenus à la faire en se rendant en commissariat
informer les victimes sur le suivi de leurs plaintes
contribuer à la remontée d’informations notamment en cas d’agressions répétées sur un secteur précis
assurer un lien entre le tissu associatif LGBT et la Préfecture de Police de Paris
animer le r »seau des référents LGBT installés dans chaque commissariat
établir un état des lieux concernant les actes homophobes et transphobes et leur traitement par les services de police

Face à l’insécurité qui touche la population LGBT, le SNEG & Co se réjouit de ces nominations. Les bars, restaurants, clubs, saunas et autres commerces recevant du public LGBT ont être informées par le SNEG & Co de ces nominations pour orienter les victimes qui se présenteront à elles vers ces officiers de liaison. A Paris, dans le secteur très sensible des 3è et 4è arrondissements où les faits de violences aux LGBT se multiplient, ce dispositif va aussi permettre de multiplier les dépôts de plainte pour que les autorités de police prennent en considération les messages d’alerte que lui adresse le SNEG & Co depuis de nombreux mois.