Paris 2026 : Rachida Dati nous répond
A la une, Le SNEG — 10 mars 2026
RACHIDA DATI – LISTE CHANGER PARIS !
(Les Républicains, Mouvement Démocrate, UDI Le centre droit, Parti radical)
1 RELATION VOISINAGE ET ETABLISSEMENT
Comment jugez-vous la difficulté rencontrée par des établissements porteurs d’emploi, de développement et d’attractivité pour la ville, soucieux de leur devenir commercial, face à des riverains soucieux de leur tranquillité et de leur sommeil ?
La difficulté existe, mais elle n’est ni insoluble ni nouvelle. Il est exact que les activités des bars et restaurants devient le bruit d’activités dont on se plaint le plus à Paris (33 % des Parisiens, + 7% depuis 2016). Je suis donc convaincue qu’il faut recréer les conditions d’une cohabitation entre ces activités et les Parisiens, comme cela fut longtemps le cas.
Dans la grande majorité des situations, les établissements de nuit jouent le jeu : ils ont investi dans l’insonorisation, dans du personnel de médiation, et veillent au respect de la tranquillité du voisinage, conformément au droit existant. Lorsque ces efforts sont faits, la cohabitation fonctionne généralement bien. Dans le cas contraire, je permettrai aux Maires d’arrondissement de mieux encadrer les établissements festifs et les débits de boisson, au plus proche du terrain.
2 LES TERRASSES A PARIS
Quelle sera votre politique en matière d’autorisation de terrasses pérennes et de terrasses estivales ? Quel rôle pour les mairies d’arrondissements et pour la mairie centrale ? Votre avis sur la cigarette en terrasse ?
Les terrasses font partie de l’ADN parisien. Elles participent à l’attractivité, à l’emploi et à la convivialité de nos quartiers. Je ne suis pas hostile aux terrasses, bien au contraire. Mais là encore, la clé est l’équilibre et la lisibilité des règles.
Aujourd’hui, la situation apparaît mal régulée. D’un côté, la Police municipale verbalise parfois de manière excessive ou incohérente des établissements qui respectent pourtant les règles. De l’autre, une minorité d’établissements ont étendu leurs terrasses au-delà de ce qui est autorisé et parfois bien au-delà du raisonnable. Je veux mettre fin à ces cas extrêmes qui ne doivent plus pénaliser la majorité des établissements qui font en sorte de respecter les règles.
Cette confusion engendre des tensions inutiles avec les exploitants de bonne foi et une concurrence déloyale vis-à-vis d’établissements voisins dont l’activité est fragilisée.
Je donnerai aux maires d’arrondissement de nouvelles compétences pour mieux encadrer les établissements festifs et les débits de boisson, au plus proche du terrain. Afin de privilégier la prévention et la transparence, les terrasses seront soumises à un permis à points. Lorsqu’un établissement aura perdu tous ses points, il se verra suspendre ou retirer son autorisation. Ainsi il n’y aura ni sanction surprise, ni sanction disproportionnée.
C’est cette méthode de proximité qui permettra de préserver la vitalité économique, tout en garantissant la tranquillité légitime des habitants.
3 POLICE MUNICIPALE A PARIS
Apparue en novembre 2021, l’actuelle PM procède à une verbalisation nombreuse, pas toujours objective, ni déontologique. La ville refuse de dévoiler le contenu de la formation délivrée aux agents concernant le contrôle de nos ERP. Les façons de procéder sont régulièrement jugées arbitraires et cavalières par nos adhérents. Les 206 référents des 117 quartiers est un dispositif inefficace. Le dialogue est stérile avec le maire adjoint en charge de la PM ainsi qu’avec l’État-Major de la PM. Quelle politique entendez-vous faire appliquer par la PM concernant les contrôles de nos ERP ?
La police municipale ne doit pas être une police de sanction automatique – comme elle l’est trop souvent devenue ces dernières années. Ce n’est pas du tout ma vision : je souhaite une police de la tranquillité et de la sécurité publique, lisible, formée et responsable, capable de dialoguer avec les bars, restaurants et établissements festifs pour construire une relation de confiance dans la durée.
Elle aura donc des missions clairement définies en toute transparence et appliquera une politique décidée en commun par la Mairie centrale qui en fixera le cadre général, les mairies d’arrondissement en charge de leur application, en lien et en concertation avec l’ensemble des parties.
Par ailleurs, je crois à la force de la médiation. Mais force est de constater que le système actuel ne fonctionne pas. Il faut un référent unique par quartier et des processus et des attentes claires permettant de décliner une politique définie en transparence à l’échelle de l’arrondissement et mettre ainsi fin à cette forme d’arbitraire que vous dénoncez.
Sur les contrôles des ERP, le drame récent de Crans-Montana nous rappelle que le respect des règlementations ERP/incendie est essentiel en ce qu’il peut contribuer à sauver des vies.
Si les contrôles doivent être réguliers il est impératif qu’ils soient objectifs et proportionnés, fondés sur des critères clairs et transparents, respectueux des exploitants et des salariés et assortis d’un véritable droit à l’explication et à la mise en conformité, lorsque cela est possible.
Je communiquerai sur le contenu de la formation des agents de police municipale en matière de contrôles des ERP, notamment sur la réglementation spécifique aux établissements festifs, les nuisances sonores, la médiation et la désescalade. Cette transparence est une condition de la confiance sur laquelle je veux fonder ma politique partout à Paris et en particulier dans ce domaine : nous avons tous à y gagner.
4 POLITIQUE DE LA NUIT – COMPETENCES /MAIRIE CENTRALE/MAIRIES D’ARRONDISSEMENTS/PREFECTURE DE POLICE
Quelle est votre politique de la nuit pour Paris, à partir de quelles mesures ? Comment envisagez-vous le partage de compétences concernant l’administration de nos ERP entre mairie centrale, mairies d’arrondissements et préfecture de police ? Comment envisagez-vous la tenue des soirées types Fête de la Musique et Gay Pride/Marche des Fiertés ?
Je souhaite que Paris redevienne une capitale vivante et festive. La nuit parisienne est à la fois un secteur économique stratégique (emplois, attractivité, tourisme), un espace de création culturelle avec un rayonnement international, notamment autour des musiques électroniques et des DJ français et un enjeu majeur de sécurité et de tranquillité publique. Ces dimensions doivent être pensées ensemble, et non opposées.
Je défends une politique de la nuit claire, assumée et structurée, fondée sur la reconnaissance des établissements de nuit comme acteurs économiques et culturels à part entière, la sécurité des clients, des salariés et des riverains et la prévisibilité des règles, sans changements permanents. En tant que ministre de la Culture, j’ai lancé le label « Club Culture » permettant de reconnaître les clubs comme des lieux de création artistique. J’étendrai au maximum ce label à Paris.
La gestion des grands évènements à Paris a souffert de l’improvisation permanente de la Maire de Paris. La Fête de la Musique 2025 a démontré l’impréparation chronique de la majorité socialiste, qui a gâché la fête. Les grands évènements seront à nouveau pilotés, en coordination avec la Préfecture de police, les mairies d’arrondissement concernées ainsi que les associations des professionnels du secteur. L’organisation des services de propreté sera également adaptée en fonction de ces évènements, telle que la Marche des fiertés notamment.
5 TISSU COMMERCIAL, NOTAMMENT LGBTQ + A PARIS
Quelles sont les mesures que vous entendez prendre pour préserver notre tissu économique, notamment celui des établissements LGBT ? Quid des locaux commerciaux face à l’augmentation des loyers et à la gentrification des quartiers ?
Le tissu commercial, et en particulier les établissements LGBT, fait partie intégrante de l’identité, de l’attractivité et de l’histoire de Paris Centre. Le laisser se dissoudre dans la gentrification ou le tourisme standardisé serait une erreur culturelle et économique.
Des leviers existent, mais ils doivent être utilisés de manière plus stratégique et plus transparente. Certes, la mairie ne peut pas acheter tous les commerces, ni tout réguler par la préemption. En revanche, l’action municipale peut être efficace sans être dispendieuse, en combinant plusieurs leviers : un ciblage assumé de certains établissements LGBT structurants ou historiques par des baux sécurisés ou loyers modérés ; un rôle renforcé des mairies d’arrondissement dans l’alerte et la médiation en amont des ruptures de bail.
De plus, depuis le début de la mandature, j’ai soutenu le projet du Collectif Archives LGBTQIA+ qui a pu démarrer grâce à mon insistance après des années de blocage de la Mairie de Paris qui n’en voulait pas. Je compte le pérenniser.
Préserver les établissements LGBT passe aussi par leur viabilité économique : faciliter l’accès et le stationnement (livraisons, clients, personnel), garantir une politique nocturne lisible et non hostile, soutenir un tourisme spécialisé (culturel, festif, LGBT-friendly) qui fait vivre durablement les établissements, défendre une vie nocturne assumée, encadrée mais non stigmatisée.
6 DELINQUANCE ET INSECURITE
Dealers, agresseurs, auteurs de violences verbales, physiques à l’encontre de nos clients, quelles mesures entendes-vous mettre en place pour garantir la sécurité publique ?
La sécurité publique est pour moi une priorité absolue, notamment pour les clients, les salariés et les exploitants des établissements festifs et en particulier des établissements LGBT+.
En effet vous êtes aujourd’hui en première ligne face aux dealers, mais aussi encore trop souvent confrontés aux agressions et aux violences verbales ou physiques. La sécurité de chacun et au premier chef la lutte contre les agressions homophobes, passe d’abord par une police municipale correctement recrutée, formée et encadrée, présente de jour comme de nuit, et dotée des moyens nécessaires à sa mission, y compris en matière d’équipement.
La création de la Police municipale parisienne s’est faite grâce à la droite parisienne en Conseil de Paris, contre l’avis initial des écologistes et des communistes.
Aujourd’hui, elle doit franchir un cap pour devenir une véritable police de terrain, visible, dissuasive et professionnelle, et non une simple force de verbalisation. Elle doit désormais contribuer à protéger les Parisiens, 24h sur 24, 7 jours sur 7. En ce sens, je porterai les effectifs à 5 000 avec un déploiement jour et nuit, et j’armerai et formerai les agents, avec un volet lié à la lutte contre les discriminations et les agressions qui leurs sont spécifiques.
Je renforcerai fortement la vidéoprotection, en doublant le parc existant dans les secteurs les plus exposés, afin d’améliorer la réactivité des forces de sécurité.
La lutte contre les dealers, les agressions et les violences relève aussi de la police nationale, en particulier des BAC d’arrondissement. Il me paraît indispensable de renforcer la coordination opérationnelle entre établissements et forces de l’ordre.
Je soutiens l’idée de canaux de contact directs et sécurisés entre responsables d’établissements de nuit et services de police, afin de permettre une intervention rapide en cas d’agression ou de situation grave. Cette organisation relève de la Préfecture de police, mais la mairie doit l’impulser politiquement et la soutenir activement.
7 LES TRANSPORTS
Êtes-vous pour un métro nocturne ? Quelle est votre politique pour mieux circuler et stationner à Paris ?
Comme vous le savez, les transports en commun relèvent de la compétence de la Région Ile de France et non de la Ville de Paris.
Si je comprends votre demande d’un métro circulant la nuit, notamment pour les salariés et les clients des établissements nocturnes, il convient de noter que les tests et expériences menées en ce sens par IÎe-de-France Mobilités n’ont pas été concluantes et représentent un coût très lourd.
En matière de transports en commun, j’agirai surtout pour le bus à Paris en libérant les couloirs de bus et en fluidifiant la circulation aux carrefours. Dès mon arrivée, je définirai un schéma global de circulation à l’échelle de Paris qui n’existe pas aujourd’hui et permettra à tous de venir plus facilement et de mieux circuler à Paris, les professionnels tout comme la clientèle francilienne. De même, j’élargirai l’offre de stationnement résident à tout Paris, avec un tarif unique et abordable. Je rétablirai enfin le stationnement gratuit des 2 roues.
8 MESSAGE A ADRESSER AUX COMMERCANTS ET PARTICULIEREMENT A CEUX DE LA COMMUNAUTE LGBT ?
Je veux adresser un message clair et sincère aux commerçants, et tout particulièrement à ceux de la communauté LGBT. La vie nocturne fait partie de l’ADN de Paris et vous contribuez à l’animer de manière incomparable. Elle a contribué à faire de la capitale un pôle d’attractivité en Europe, créateur d’emplois, de liberté et de rayonnement culturel. Nous entendons la promouvoir activement, sans ambiguïté.
Je m’engage à préserver l’âme mais aussi le dynamisme des quartiers historiquement LGBT, leurs bars, leurs clubs, leurs librairies, leurs commerces, leurs lieux de sociabilité. Ils sont une composante essentielle de l’identité parisienne.
Je serai une Maire qui assume l’équilibre entre vitalité économique, liberté et qualité de vie pour tous, afin que les commerces LGBT continuent à vivre et faire battre le cœur de Paris.