Paris 2026 : Pierre-Yves Bournazel nous répond
A la une, Le SNEG — 10 mars 2026
PIERRE-YVES BOURNAZEL – LISTE PARIS APAISE
(Horizons, Renaissance, Les Centristes, CAP 21 Le rassemblement citoyen, Les Ecologistes Mouvement écologiste indépendant)
1 RELATION VOISINAGE ET ETABLISSEMENTS
Comment jugez-vous la difficulté rencontrée par des établissements porteurs d’emploi, de développement et d’attractivité pour la ville, soucieux de leur devenir commercial, face à des riverains soucieux de leur tranquillité et de leur sommeil ?
Les établissements parisiens sont essentiels à l’emploi, à l’attractivité et à la vie sociale de la capitale. Les professionnels exercent, dans leur grande majorité, leur activité de manière responsable. Les riverains ont, eux aussi, droit à la tranquillité et au sommeil. Ces deux exigences ne sont pas contradictoires et peuvent être conciliées.
La Mairie sortante a depuis trop longtemps laissé s’installer une logique de confrontation permanente. Je la refuse. La situation actuelle résulte moins d’un conflit insoluble que d’un manque de règles claires, de médiation et de contrôles.
Je propose un changement de méthode fondé sur une régulation équilibrée et lisible, reposant sur une mesure objective des nuisances, afin d’agir plus efficacement sur la base de données mesurées plutôt que de décisions arbitraires. Ce nouveau dispositif s’appuierait sur le déploiement de capteurs acoustiques Méduse dans l’espace public et, sur la base du volontariat, au sein des établissements, en lien avec Bruitparif, afin d’adapter les réponses quartier par quartier à partir de données partagées.
Je défends par ailleurs une logique de responsabilité progressive : dialogue, médiation et accompagnement dès les premiers signalements, puis sanction ferme en cas de manquements répétés. Il s’agit en parallèle de valoriser les établissements respectueux des règles, en leur proposant, via Paris Commerces, un accès prioritaire à des dispositifs d’accompagnement municipaux (aides à la rénovation, à l’insonorisation et autres conseils techniques) ainsi qu’à un label municipal « établissement responsable » valorisant leur engagement en faveur de la qualité de vie et de l’équilibre de leur quartier. Ainsi, je restaurerai la confiance entre professionnels, riverains et pouvoirs publics.
2 LES TERRASSES À PARIS
Quelle sera votre politique en matière d’autorisation de terrasses pérennes et de terrasses estivales ? Quel rôle pour les mairies d’arrondissements et pour la mairie centrale ? Votre avis sur la cigarette en terrasse ?
Les terrasses font partie de l’identité parisienne et de l’attractivité de la ville. Les terrasses pérennes doivent rester la norme : elles offrent un cadre stable, mieux intégré dans l’espace public, avec des règles claires sur les surfaces, les horaires et les conditions d’exploitation, adaptées au contexte local.
S’agissant des terrasses estivales, je ne souhaite pas fixer de règle générale uniforme. Chaque commerce, chaque rue, chaque quartier a ses spécificités. Une charte esthétique de la Ville permettra d’encadrer ces terrasses de manière souple mais exigeante, afin de garantir un juste équilibre entre activité économique et qualité de vie des riverains. Je souhaite, en amont, mieux encadrer l’attribution des droits de terrasses avec un mécanisme de plafonds, tels que 25 % de la rue ou 15 % si la rue est résidentielle. En aval, il convient de systématiser les contrôles inopinés, tant sur le respect des surfaces autorisées que le niveau de décibels en soirée.
La gouvernance est essentielle. La mairie centrale doit fixer un cadre clair, lisible et équitable à l’échelle parisienne, garantir l’égalité de traitement et les moyens de contrôle. Les mairies d’arrondissements, au plus près du terrain, doivent être pleinement associées aux autorisations, disposer d’un avis réel dans les zones sensibles et piloter la médiation locale afin d’éviter les décisions déconnectées des réalités de quartier.
Enfin, concernant le tabac en terrasse, je veillerai au respect strict de l’interdiction de fumer dans les terrasses fermées ou couvertes, conformément à la réglementation en vigueur.
3 POLICE MUNICIPALE A PARIS
Apparue en novembre 2021, l’actuelle PM procède à une verbalisation nombreuse, par toujours objective, ni déontologique. La ville refuse de dévoiler le contenu de la formation délivrée aux agents concernant le contrôle de nos ERP. Les façons de procéder sont régulièrement jugées arbitraires et cavalières par nos adhérents. Les 206 référents des 117 quartiers est un dispositif inefficace. Le dialogue est stérile avec le maire adjoint en charge de la PM ainsi qu’avec l’Etat-Major de la PM. Quelle politique entendez-vous faire appliquer par la PM concernant les contrôles de nos ERP ?
La police municipale est indispensable à la tranquillité publique, mais elle manque aujourd’hui de moyens, d’effectifs et surtout d’une doctrine claire en matière de contrôle des ERP. Le déficit de dialogue avec les professionnels a installé un climat de défiance que je veux corriger.
La police municipale doit être un acteur de régulation, pas un adversaire. Ses contrôles doivent être objectifs et traçables, notamment grâce au déploiement de caméras embarquées, pour sécuriser à la fois les agents et les professionnels.
La formation des agents sera renforcée et harmonisée, et la verbalisation inscrite dans une logique graduée : information, mise en conformité, avertissement, puis sanction en cas de manquement répété. L’autorité doit s’exercer avec discernement et respect.
Le dispositif des référents de quartier sera entièrement revu et recentré autour d’interlocuteurs clairement identifiés, disposant d’un mandat précis et figurant dans un annuaire accessible et envoyé à l’ensemble des professionnels. Par ailleurs, le dialogue avec les représentants des professionnels sera institutionnalisé, régulier et opérationnel, afin d’améliorer durablement les pratiques de contrôle. Sur ce sujet comme sur d’autres, je souhaite m’entourer d’un conseil des entrepreneurs et des scientifiques, afin d’écouter, d’objectiver et de construire des solutions de terrain utiles, efficaces et partagées.
4 POLITIQUE DE LA NUIT – COMPETENCES /MAIRIE CENTRALE/MAIRIES D’ARRONDISSEMENTS/PREFECTURE DE POLICE
Quelle est votre politique de la nuit pour Paris, à partir de quelles mesures ? Comment envisagez-vous le partage de compétences concernant l’administration de nos ERP entre mairie centrale, mairies d’arrondissements et préfecture de police ? Comment envisagez-vous la tenue des soirées types Fête de la Musique et Gay Pride/Marche des Fiertés ?
Paris doit rester une ville vivante et attractive. Sa vie nocturne est une richesse culturelle et économique qui doit être accompagnée et sécurisée.
Je souhaite une gouvernance claire : la mairie centrale fixe le cadre, les mairies d’arrondissements assurent la proximité et la médiation, et la Préfecture de police conserve ses compétences en matière de sécurité, dans un esprit de coopération.
Je suis prêt à ce que la Ville assume certaines compétences aujourd’hui exercées par la Préfecture, notamment sur les nuisances sonores et les contrôles administratifs, afin d’offrir aux riverains et aux professionnels un interlocuteur municipal unique, plus réactif et plus efficace.
Les grands événements populaires, comme la Fête de la Musique ou la Marche des Fiertés, font partie de l’identité de Paris et doivent continuer à se tenir dans un cadre sécurisé et anticipé, en lien étroit avec les organisateurs et les forces de l’ordre et de secours (fermeture à la circulation de certaines voies, effectifs de police déployés sur le terrain).
5 TISSU COMMERCIAL, NOTAMMENT LGBTQ + A PARIS
Quelles sont les mesures que vous entendez prendre pour préserver notre tissu économique, notamment celui des établissements LGBT ? Quid des locaux commerciaux face à l’augmentation des loyers et à la gentrification des quartiers ?
Préserver le tissu économique parisien est une priorité, en particulier les établissements LGBT, qui font pleinement partie de l’identité et de l’attractivité de Paris. Leur fragilisation par la hausse des loyers, la vacance commerciale et la gentrification n’est pas une fatalité si l’on agit avec méthode.
Je ne crois pas à une politique générale de préemption. Elle serait extrêmement coûteuse pour le contribuable parisien et contribuerait à alimenter la hausse des prix, comme la Mairie sortante l’a malheureusement démontré en matière de logement. Je privilégierai donc une politique de préemption ciblée, destinée à lutter contre la vacance commerciale et à protéger les commerces de proximité stratégiques, en mobilisant pleinement la foncière Paris Commerces.
Mon objectif est aussi de faire baisser les loyers. Cela passe notamment par une action volontariste auprès des foncières privées, en les incitant fortement à remettre sur le marché les locaux vacants plutôt que de les laisser fermés. La vacance organisée pénalise les quartiers, affaiblit le commerce de proximité et entretient artificiellement des niveaux de loyers trop élevés. Je redynamiserai le marché des baux commerciaux par la mise en place d’incitations fiscales, notamment des exonérations de taxes locales, pour encourager la remise en location des locaux et soutenir l’animation économique et sociale de nos quartiers.
6 DELINQUANCE ET INSECURITE
Dealers, agresseurs, auteurs de violences verbales, physiques à l’encontre de nos clients, quelles mesures entendes-vous mettre en place pour garantir la sécurité publique ?
Pour des raisons idéologiques, la municipalité sortante a fait le choix d’une police municipale honteuse : trop peu d’effectifs, trop peu d’équipements et une doctrine de non-intervention qui a affaibli son efficacité face aux incivilités et à la délinquance.
Maire de Paris, je créerai une police municipale de proximité digne de ce nom, avec 6 000 agents, formés, armés, visibles sur le terrain 24h sur 24 et 7 jours sur 7. J’y consacrerai 100 millions d’euros supplémentaires par an, financés par le non-remplacement d’un départ à la retraite sur trois dans les autres directions de la Ville. Cette police municipale travaillera en étroite coordination avec la Police nationale, dans une logique de complémentarité et d’efficacité opérationnelle.
Elle sera dotée de moyens modernes, notamment de la vidéoprotection algorithmique pour détecter plus rapidement les infractions et permettre des interventions plus rapides ou encore d’une brigade canine dédiée à la lutte contre la vente à la sauvette, le trafic de stupéfiants et les vols à la tire.
Enfin, je renforcerai la sécurité dans les transports avec 5 000 agents de sécurité présents dans les stations et les rames, notamment en soirée.
7 LES TRANSPORTS
Etes-vous pour un métro nocturne ? Quelle est votre politique pour mieux circuler et stationner à Paris.
Oui, je suis favorable au métro nocturne. Je le propose depuis 2013, en commençant par les lignes automatiques (1, 4, 14 et les nouvelles lignes en travaux 15, 16, 17 et 18), avant une extension progressive à l’ensemble du réseau dans le cadre du dialogue social. C’est une réponse concrète pour fluidifier les déplacements, réduire la dépendance à la voiture et offrir une alternative sûre, notamment la nuit et pour les personnes qui vivent en banlieue parisienne.
Concernant la circulation automobile, je défends une approche pragmatique. Paris ne peut plus penser sa politique de circulation de manière isolée. Je mettrai en place un plan de circulation et d’intermodalité à l’échelle du Grand Paris, afin de mieux coordonner les flux entre Paris et les communes voisines, de faciliter les déplacements indispensables des professionnels et de renforcer la complémentarité entre transports en commun, modes actifs et circulation automobile nécessaire. L’arrivée du Grand Paris Express est l’occasion de penser les déplacements à l’échelle du Grand Paris.
Je recentraliserai la gestion et le pilotage des travaux de voirie pour garantir une planification lisible et coordonnée, éviter les chantiers simultanés et réduire les congestions inutiles.
Enfin, la question du stationnement et des livraisons des professionnels sera une priorité opérationnelle, avec davantage de places dédiées, mieux réparties et mieux contrôlées, ainsi qu’un outil de stationnement intelligent à l’échelle de Paris pour les professionnels et les particuliers.
8 MESSAGE A ADRESSER AUX COMMERCANTS ET PARTICULIREMENT A CEUX DE LA COMMUNAUTE LGBT ?
Vos commerces et vos établissements font vivre nos quartiers et incarnent l’âme d’un Paris libre, ouvert et attractif.
Face aux violences, aux discriminations et à l’insécurité, ma détermination est totale. Maire de Paris demain, la Ville sera à vos côtés, par des actes concrets.
Je vous protégerai économiquement en luttant contre la vacance commerciale, la flambée des loyers et la concurrence déloyale, et je garantirai votre sécurité grâce à une police municipale de proximité forte et visible, en lien étroit avec la Police nationale.
Enfin, j’instaurerai un dialogue permanent avec vous. Je serai un maire partenaire, à l’écoute de vos réalités, pour réinventer le commerce parisien à vos côtés.
Votre place à Paris est essentielle, et Paris doit être à vos côtés.