Paris 2026 : Sarah Knafo nous répond

A la une, L'actu du CHRD, Le SNEG — 10 mars 2026

SARAH KNAFO – LISTE UNE VILLE HEUREUSE

1 RELATION VOISINAGE ET ÉTABLISSEMENT

Comment jugez-vous la difficulté rencontrée par des établissements porteurs d’emploi, de développement et d’attractivité pour la ville, soucieux de leur devenir commercial, face à des riverains soucieux de leur tranquillité et de leur sommeil ?

La priorité de la police municipale sera réorientée vers la protection des personnes, non la pénalisation des commerçants qui font vivre leurs quartiers et qui respectent les règles.

Nous maintiendrons un dialogue entre établissements, riverains et mairies d’arrondissement, fondé sur des faits objectifs : mesures acoustiques, horaires concertés, plutôt que plaintes ponctuelles transformées en prétexte de fermeture. Je donnerai davantage de pouvoirs aux maires d’arrondissements à ce titre car ce sont eux les plus à même de répondre à ces problématiques.

2 LES TERRASSES À PARIS

Quelle sera votre politique en matière d’autorisation de terrasses pérennes et de terrasses estivales ? Quel rôle pour les mairies d’arrondissements et pour la mairie centrale ? Votre avis sur la cigarette en terrasse ?

Les terrasses font partie de l’identité parisienne. Nous engagerons un bras de fer avec l’État pour autoriser à nouveau les dispositifs de chauffage électriques donc non polluants.

L’interdiction actuelle est purement idéologique et a coûté des millions aux restaurateurs. En attendant que l’Etat revienne sur cette décision, les agents de police municipale auront d’autres priorités que de verbaliser les terrasses chauffées par des dispositifs électriques.

Sur les autorisations de terrasses pérennes et estivales, je confierai ce pouvoir aux mairies d’arrondissements, la mairie centrale fixant le cadre général et les tarifs, fortement simplifiés : les 255 tarifs différents actuellement en vigueur sont une aberration.

Sur la cigarette en terrasse, nous appliquerons le cadre légal national. Je m’opposerai à tout dispositif coercitif supplémentaire.

3 POLICE MUNICIPALE À PARIS

La ville refuse de dévoiler le contenu de la formation délivrée aux agents concernant le contrôle de nos ERP. Les façons de procéder sont régulièrement jugées arbitraires et cavalières par nos adhérents. Les 206 référents des 117 quartiers est un dispositif inefficace. Le dialogue est stérile avec le maire adjoint en charge de la PM ainsi qu’avec l’État-Major de la PM. Quelle politique entendez-vous faire appliquer par la PM concernant les contrôles de nos ERP ?

Nous réorienterons radicalement les priorités de la police municipale. Nous porterons les effectifs à 8 000 agents, contre 3 000 fin 2025, et nous armerons la police municipale comme c’est déjà le cas dans 80 % des villes françaises. Concernant spécifiquement le contrôle des ERP, nous imposerons que tout contrôle soit documenté et contradictoire.

Le but des contrôles sera d’aider les établissements à se mettre en conformité, pas de les verbaliser, sans faire prendre aucun risque aux usagers, notamment vis à vis de la sécurité incendie bien sûr.

Les nouvelles compétences prévues par la loi du printemps 2026 (nuisances sonores, stupéfiants, harcèlement de rue) seront mobilisées contre la délinquance, non contre les honnêtes commerçants.

4 POLITIQUE DE LA NUIT – COMPETENCES /MAIRIE CENTRALE/MAIRIES D’ARRONDISSEMENTS/PREFECTURE DE POLICE

Quelle est votre politique de la nuit pour Paris ? Comment envisagez-vous le partage de compétences entre mairie centrale, mairies d’arrondissements et préfecture de police ? Comment envisagez-vous la tenue des soirées types Fête de la Musique et Gay Pride ?

Paris mérite une politique de la nuit cohérente et lisible. Nous clarifierons le partage de compétences : la préfecture de police conserve ses attributions régaliennes, la mairie centrale définit le cadre général et les horaires, les mairies d’arrondissement assurent la médiation de proximité. Nous maintiendrons l’éclairage public toute la nuit, au lieu de l’éteindre à 23h comme aujourd’hui, et rendrons aux commerces le droit d’éclairer leurs vitrines et enseignes la nuit, ce qui contribue directement à sécuriser les rues.

Sur la Fête de la Musique, nous souhaitons lui redonner son esprit originel en la réservant aux musiciens et chanteurs en live, avec une organisation mieux coordonnée permettant à la fois la fête et le respect des riverains. Sur la Marche des Fiertés, nous veillerons, comme tous les événements de la ville, à son bon déroulement.

5 TISSU COMMERCIAL, NOTAMMENT LGBTQ + A PARIS

Quelles sont les mesures que vous entendez prendre pour préserver notre tissu économique, notamment celui des établissements LGBT ? Quid des locaux commerciaux face à l’augmentation des loyers et à la gentrification des quartiers ?

Le Marais est un lieu de vie et touristique. Pour l’attractivité et les enjeux des locaux commerciaux, nous abrogerons le PLU bioclimatique qui freine les projets de travaux et réhabilitation. Les délais d’instruction des permis seront divisés par trois. Ce plan permettra une relance de l’offre immobilière. La première heure de stationnement gratuite et la gratuité entre 12h et 14h soutiendront directement la clientèle de ces établissements. Nous avons également un grand plan pour la fluidité de la circulation.

6 DELINQUANCE ET INSECURITE

Dealers, agresseurs, auteurs de violences verbales, physiques à l’encontre de nos clients, quelles mesures entendez-vous mettre en place pour garantir la sécurité publique ?

La sécurité est la première des libertés, et vos clients comme vos équipes ont le droit de travailler et de sortir sans craindre d’être agressés ou harcelés. Nous porterons les effectifs de la police municipale à 8 000 agents avec pour mission principale l’interpellation systématique des délinquants. Tout délinquant interpellé sera présenté à un officier de police judiciaire, sans exception. Nous déploierons des patrouilles permanentes dans les zones à forte activité nocturne et utiliserons les nouvelles compétences prévues par la loi de printemps 2026 pour verbaliser la consommation de stupéfiants, l’ivresse publique et le harcèlement de rue. Nous créerons une brigade montée et une brigade canine municipales, dont l’effet dissuasif est avéré. Nous généraliserons le traitement automatisé d’images par IA, expérimenté avec succès pendant les Jeux Olympiques, pour permettre une détection en temps réel des agressions et une intervention immédiate de la patrouille la plus proche.

Nous maintiendrons l’éclairage public toute la nuit, avec un éclairage anti-agression pilotée par intelligence artificielle.

7 LES TRANSPORTS

Êtes-vous pour un métro nocturne ? Quelle est votre politique pour mieux circuler et stationner à Paris ?

Les transports en commun franciliens relèvent de la compétence de la Région via Île-de-France Mobilités, et non de la Ville de Paris. Ce que nous pouvons faire, c’est proposer à la Région l’appui de 500 policiers municipaux déployés sur le réseau pour sécuriser les transports, ce qui représente une augmentation de 50 % des effectifs présents actuellement.

Sur la circulation, notre philosophie est de ne sacrifier ni les voitures aux vélos, ni les vélos aux voitures, ni les piétons à tous les autres, mais de créer plus d’espace pour tous. Nous rouvrirons les voies sur berge aux voitures et construirons au-dessus une promenade pour piétons et cyclistes, sortant ainsi du faux débat imposé depuis des années. Nous remettrons une voie de circulation automobile rue de Rivoli, en maintenant la piste cyclable bidirectionnelle. Ces deux projets feront l’objet d’une étude d’impact approfondie puis d’un référendum. Nous piloterons progressivement l’ensemble des feux tricolores parisiens par intelligence artificielle.

Sur le stationnement, nous instaurerons un tarif unique et raisonnable avec une première heure gratuite, une gratuité entre 12h et 14h pour soutenir les restaurateurs et une gratuité pour les deux-roues motorisés. Nous créerons 15 000 nouvelles places en voirie et déploierons un système de géolocalisation en temps réel des places disponibles, intégré aux applications de navigation. Nous romprons le contrat Vélib perdant-perdant actuel : les usagers se plaignent de la qualité des vélos et le dispositif coûte 22,5 millions d’euros par an à la Ville. Je relancerai une mise en concurrence avec un modèle économique viable intégrant la publicité.

8 MESSAGE A ADRESSER AUX COMMERCANTS ET PARTICULIREMENT A CEUX DE LA COMMUNAUTE LGBT ?

Je veux faire de Paris une ville heureuse et résoudre les problèmes de tous les Parisiens, sans aucune distinction. Ces dernières années ont accumulé trop d’insécurité, trop desaleté, trop d’embouteillages, trop d’impôts, trop de contraintes. Avec moi, la police municipale vous protégera, les terrasses seront défendues et de nouveau pleines de vie, la sécurité de vos clients garantie, le stationnement redeviendra accessible. Votre liberté de vous réunir et d’animer la vie de Paris est fondamentale.