Paris 2026 : Sophia Chikirou nous répond
A la une, Le SNEG — 11 mars 2026
SOPHIA CHIKIROU – LISTE LE NOUVEAU PARIS POPULAIRE
(La France Insoumise) (en photo, Cédric Panizzi, candidat Paris Centre et Caroline Mécary (candidate Paris 12)
1 RELATION VOISINAGE ET ETABLISSEMENT
Comment jugez-vous la difficulté rencontrée par des établissements porteurs d’emploi, de développement et d’attractivité pour la ville, soucieux de leur devenir commercial, face à des riverains soucieux de leur tranquillité et de leur sommeil ?
Les deux sujets sont pour nous primordiaux.
Nous sommes conscients de l’importance que revêtent les moments de convivialité en terrasse, et plus généralement les moments de fête, à Paris. Je me suis d’ailleurs exprimé sur la nécessité de démarchandiser la fête en mettant à la disposition du public des structures municipales, afin d’offrir la possibilité au plus grand nombre, de prendre part à l’esprit de fête, même les plus modestes d’entre nous.
Nous serons en recherche permanente d’un équilibre entre ces deux aspects (tranquillité et fêtes) et partout où cela sera possible nous favoriserons la co-construction des solutions avec tous les acteurs (habitants, commerçants) concernés.
La réponse ne peut pas être la même dans une rue animée comme le quartier des Halles ou la rue Sainte-Croix de la Bretonnerie, et dans des quartiers résidentiels. Nous proposerons de développer une politique au plus proche des riverains et des commerçants, en développant des conseils de quartier spécifiques où pourront être débattues ces questions, pour trouver des solutions convenables à toutes et tous. La mairie se tiendra auprès des conseils de quartier pour accompagner la mise en œuvre des mesures coconstruites ensemble.
2 LES TERRASSES A PARIS
Quelle sera votre politique en matière d’autorisation de terrasses pérennes et de terrasses estivales ? Quel rôle pour les mairies d’arrondissements et pour la mairie centrale ? Votre avis sur la cigarette en terrasse ?
Les terrasses sont un marqueur fort de l’identité parisienne. Nous voulons les exploiter pour qu’en tirent profit principalement les commerces de proximité. Nous imaginons par exemple des stands extérieurs pour les libraires indépendantes, les commerces de bouche ainsi que pour les cafés et restaurants.
Nous mettrons en place un pilotage de terrain renforcé sur les secteurs à très forte affluence (Halles, Marais) avec médiation de sortie, sanitaires, propreté et circulation des flux.
Le système actuel dysfonctionne et doit être remis à plat pour que l’instruction des demandes soient transparentes et les recours effectifs.
Par ailleurs, notre projet pour Paris est aussi de favoriser Je stationnement souterrain (outre la remunicipalisation des parkings actuellement concédés pour pratiquer des tarifs abordables), ce qui libérera des espaces en surface dont nous nous servirons pour végétaliser et pour créer des « terrasses populaires éphémères », ouvertes, où les riverains pourraient se rassembler sans obligation de consommation.
Nous serons attentifs à garantir qu’une place suffisante soit laissée sur les trottoirs pour les piétons et les fauteuils roulants – car nous faisons de l’accessibilité universelle, notre grande cause communale.
Enfin, nous ne sommes pas opposés à la cigarette sur les terrasses extérieures, mais privilégions des espaces fumeurs et non-fumeurs clairement définis, afin de réduire le tabagisme passif et ses effets nocifs sur la santé.
3 POLICE MUNICIPALE A PARIS
Apparue en novembre 2021, l’actuelle PM procède à une verbalisation nombreuse, par toujours objective, ni déontologique. La ville refuse de dévoiler le contenu de la formation délivrée aux agents concernant le contrôle de nos ERP. Les façons de procéder sont régulièrement jugées arbitraires et cavalières par nos adhérents. Les 206 référents des 117 quartiers est un dispositif inefficace. Le dialogue est stérile avec le maire adjoint en charge de la PM ainsi qu’avec l’Etat-Major de la PM. Quelle politique entendez-vous faire appliquer par la PM concernant les contrôles de nos ERP ?
Nous voulons faire de la police municipale une vraie police de proximité, en faisant du principe de territorialisation, la règle. Les policiers municipaux seront affectés aux mêmes quartiers et ils seront formés aux problématiques de la nuit et de l’occupation de l’espace public ; ainsi ils développeront donc une connaissance fine du territoire, pour adapter au mieux la politique de sécurité aussi bien pour les clients que les établissements. Ils auront des instructions claires pour faire prévaloir la discussion et la médiation en cas d’infraction.
Nous effectuerons un audit du système des amendes forfaitaires dont l’usage semble aujourd’hui relever dans nombre de cas de l’abus. Le système doit être refondu afin de garantir transparence et possibilité de recours effectifs en cas de contestation, ce qui nécessitera la mise en place d’un « accord » avec le procureur de la république de Paris, aujourd’hui organe de recours totalement débordé. Les agents seront formés et encadrés pour que le système devienne fluide et démocratique.
Enfin sera mis en place un point de contact ERP/Vie nocturne avec une présence sur le terrain de manière à désamorcer les conflits. Cette action sera coordonnée avec celle des conseils de quartier, pour une meilleure granularité. Bien sûr, la mairie sera un interlocuteur disponible et constructif pour aborder ces sujets. Notre méthode sera de toujours privilégier le dialogue et médiation avant la sanction.
4 POLITIQUE DE LA NUIT – COMPETENCES /MAIRIE CENTRALE/MAIRIES D’ARRONDISSEMENTS/PREFECTURE DE POLICE
Quelle est votre politique de la nuit pour Paris, à partir de quelles mesures ? Comment envisagez-vous la partage de compétences concernant l’administration de nos ERP entre mairie centrale, mairies d’arrondissements et préfecture de police ? Comment envisagez-vous la tenue de soirée types Fête de la Musique et Gay Pride/Marche des Fiertés ?
Notre politique de la nuit vise avant tout à sécuriser et démarchandiser. Nous voulons, dans les quartiers festifs de la ville, pouvoir déployer des brigades mobiles de prévention des situations de vulnérabilité, particulièrement à l’endroit des femmes et des personnes LGBTI.
Le partage des compétences ne relève pas de la mairie, mais de la loi. Pour ce qui relève de la ville de Paris, nous souhaitons nous appuyer sur les mairies d’arrondissements et les conseils de quartier pour aller au plus près des commerçants et des ERP et de leurs besoins. Cela permettra une administration des lieux plus apaisée.
Pour nous la Fête de la Musique comme le Marche des Fiertés sont des moments de communion communale. Ils sont une fête, bien sûr, pour lesquelles nous sommes prêts à largement mobiliser l’espace public partout dans la ville. Mais ils constituent aussi – et surtout – l’opportunité de faire le bilan politique des luttes, des conquêtes, et des reculs : ceux des artistes du monde de la musique, et ceux des personnes LGBTI. Nous voulons aussi promouvoir et visibiliser cet aspect-là à travers des moments d’éducation populaire dans J’espace public et les structures municipales.
Enfin sera mis en place un Conseil de la nuit de Paris-centre dont seront membres des riverains, des représentants des commerçants pour un suivi public de la situation (bruit, propreté, sécurité et médiation).
5 TISSU COMMERCIAL, NOTAMMENT LGBTQ + A PARIS
Quelles sont les mesures que vous entendez prendre pour préserver notre tissu économique, notamment celui des établissements LGBT ? Quid des locaux commerciaux face à l’augmentation des loyers et à la gentrification des quartiers ?
Nous portons Je projet d’une relance économique du commerce de proximité parisien qui passe notamment par la reprise en main du foncier commercial. Nous voulons tripler la capacité de préemption de locaux commerciaux d’ici 2032, et bien entendu, les établissements engagés en faveur de la cause LGBTI font partie des commerces que nous souhaitons promouvoir. Paris a toujours été un lieu de luttes pour la cause LGBTI et celle-ci passe par sa visibilité, notamment dans le secteur du commerce de proximité et des établissements locaux.
Nous mettrons également en place un guichet unique d’accompagnement des commerces parisiens pour répondre à leurs besoins spécifiques en matière d’adaptation à l’accessibilité universelle, au changement climatique ainsi qu’à la transition numérique.
Enfin nous souhaitons nous appuyer sur un réseau de commerces et établissements de type « safe spaces » où toute personne se sentant en insécurité dans l’espace public, pourrait trouver refuge. Cela fait partie de notre plan de prévention des violences sexistes et sexuelles et la LGBT/phobie – et nous espérons bien emporter l’adhésion des établissements LGBTI à cette grande cause de sûreté communale.
6 DELINQUANCE ET INSECURITE
Dealers, agresseurs, auteurs de violences verbales, physiques à l’encontre de nos clients, quelles mesures entendes-vous mettre en place pour garantir la sécurité publique ?
L’essentiel des situations évoquées dans la question relève en réalité de la police nationale, et nous pèserons de tout notre poids auprès de la Préfecture de Police afin que celle-ci prenne ses responsabilités. Nous l’assisterons également au niveau de la commune, de plusieurs manières.
Tout d’abord, nous avons prévu de porter à 3500 agents le nombre de membre de la police municipale. Cette police municipale sera réellement formée aux techniques de désescalade et de médiation ; elle n’aura pas d’arme létale dans la logique de désescalade ; les agents seront encadrés par des cadres compétents ; ils bénéficieront d’une vraie progression dans la carrière avec la création d’un grade de niveau A de sorte que le métier sera attractif avec une vraie possibilité de progression. Les agents seront rattachés à un territoire, y compris la nuit, de sorte qu’ils auront une connaissance fine de chaque quartier ainsi que des établissements.
Ensuite, nous voulons mettre la médiation au cœur de notre action, parce que le « tout sécuritaire » et le « tout verbalisation » montre ses limites, cela implique une présence humaine sur Je terrain et une réelle coordination opérationnelle. La médiation et la désescalade en première intention permettent de faire le travail pédagogique qui évitent la récidive, et permet donc, à long terme, la diminution des cas de délinquance et d’incivilités.
Enfin, nous savons que certains besoins spécifiques existent dans notre ville. C’est pour cela que nous voulons créer trois brigades spécialisées dans le tourisme, les violences sexistes et sexuelles, et les addictions. Celles-ci viendront doubler la connaissance territoriale des policiers municipaux d’une compétence sectorielle qui sera utile dans le but de garantir la tranquillité des Parisiens et de leurs commerces.
7 LES TRANSPORTS
Etes-vous pour un métro nocturne ? Quelle est votre politique pour mieux circuler et stationner à Paris.
Le métro nocturne ne relève pas des compétences de la mairie, mais de la région. À titre personnel, je pense que c’est un sujet qui mérite qu’on s’y penche sérieusement, parce que ce qu’il emporte en termes de travail de nuit, même sur les lignes automatisées, n’est pas anodin, et je ne suis pas de ceux qui acceptent de sacrifier le bien-être des travailleurs.
Ensuite nous souhaitons sécuriser et organiser les déposes taxis/VTC sur les gros nœuds de sortie de Paris-Centre (Halles/Hôtel de Ville) afin de limiter nuisances et tensions.
Enfin pour le stationnement nous remunicipaliserons les parkings qui ont fait l’objet de concessions à des opérateurs privés afin de pouvoir pratiquer des prix abordables.
8 MESSAGE A ADRESSER AUX COMMERCANTS ET PARTICULIEREMENT A CEUX DE LA COMMUNAUTE LGBT ?
Je serai la maire du commerce de proximité, et la maire qui protégera celui-ci contre les grands groupes, afin de faire vivre les vies de quartier, et de faire redécouvrir aux Parisiennes et aux Parisiens, l’artisanat et le savoir-faire de nos commerçants, de nos artisans, de nos restaurateurs.
Les commerçants de la communauté LGBTI ont en ce sens une place unique à nos yeux : ils font d’abord vivre le commerce de proximité, comme tous les autres, et nous avons un plan ambitieux pour les préserver et les développer.
De plus, ils concourent à la visibilisation et l’éducation populaire aux questions de genre, et aux politiques de lutte contre les LGBTlphobies. Nous souhaitons qu’ils puissent se déployer dans chaque quartier de la ville, et nous mettrons les moyens humains et financiers, pour ce faire.