L’édito : un été pas comme les autres
A la une, L'éditorial — 17 juillet 2026
Cet été ne ressemble à aucun autre. Derrière les vitrines de nos établissements, derrière les terrasses qui animent nos villes, la réalité est bien plus préoccupante qu’il n’y paraît.
A Paris, Lyon encore Albi, le report de la Marche des Fiertés au mois d’octobre est un signal fort. Les célébrations de la diversité et de l’égalité ne devraient jamais être reléguées au second plan. Elles sont l’expression de nos libertés et de notre visibilité. Plus que jamais, nous devons défendre les lieux qui font vivre cette communauté tout au long de l’année.
Dans le même temps, nos établissements traversent une conjoncture économique particulièrement difficile. Inflation, hausse des coûts, baisse de fréquentation et évolution des modes de consommation mettent en péril des entreprises qui créent de l’emploi, paient leurs impôts, respectent des normes toujours plus exigeantes et participent activement à l’attractivité de nos territoires.
La canicule est venue aggraver cette situation. Contrairement aux idées reçues, les fortes chaleurs ne favorisent pas l’activité des bars et des terrasses ; elles éloignent une partie de la clientèle et rendent les conditions de travail plus difficiles pour les équipes.
Nous tenons à saluer l’action des polices municipales, dont l’engagement quotidien contribue à la sécurité de tous. Mais cette implication ne peut produire pleinement ses effets si, dans le même temps, certaines situations continuent d’être tolérées.
Car c’est bien là que réside notre profonde incompréhension. D’un côté, les professionnels sont soumis à des contrôles, des interdictions, des obligations toujours plus nombreuses. De l’autre, la voie publique, les quais, deviennent, certains soirs, des espaces où la consommation d’alcool, l’usage de stupéfiants, les ventes à la sauvette et les nuisances semblent bénéficier d’une forme de tolérance de fait. Cette concurrence est profondément déloyale.
La Fête de la musique en a été une illustration flagrante. Les établissements ont vu la vente à emporter interdite au nom de la canicule, pendant que les dégradations, les violences, les vendeurs illégaux et les débordements se déroulaient sous les yeux de tous. Les professionnels ont le sentiment d’être les seuls à qui l’on demande des efforts, pendant que ceux qui ne respectent aucune règle continuent d’agir en toute impunité.
Le SNEG & Co refuse cette logique. Nous ne demandons ni privilège ni traitement de faveur. Nous demandons simplement l’égalité devant les règles. Les mêmes droits doivent s’accompagner des mêmes devoirs. Il n’est plus acceptable que ceux qui investissent, embauchent, déclarent leurs salariés et participent à la vie économique soient pénalisés, tandis que l’économie parallèle prospère sans véritable réponse.
Nos établissements sont bien plus que des commerces. Ils sont des lieux de liberté, de culture, de prévention, de convivialité et de lien social. Les fragiliser, c’est fragiliser tout un écosystème qui fait vivre nos villes et accueille chaque jour des milliers de personnes.
À l’heure où beaucoup s’apprêtent à prendre quelques jours de repos, je souhaite adresser un message de soutien à tous les professionnels qui resteront mobilisés tout l’été. Votre engagement est exemplaire. Vous pouvez compter sur le SNEG & Co pour continuer à défendre vos intérêts avec détermination, sans renoncer à porter votre voix auprès des pouvoirs publics.
Je tiens enfin à remercier chaleureusement Rémi Calmon pour son investissement, son professionnalisme et son engagement sans faille tout au long de cette année au service du SNEG & Co.
Je vous souhaite à toutes et à tous un bel été, beaucoup de courage pour cette saison et, surtout, la réussite que votre travail mérite.
Olivier Robert
Président